Je suis allée de nombreuses fois en concerts depuis l'âge de 17 ans, mais rarement en boîte de nuit. A la fin des concerts (de rock en général), et bien que toujours loin des enceintes, j'ai toujours entendu des sifflements pendant plusieurs heures. Mais j'ai toujours pu m'endormir et, au réveil, il n'y avait plus rien. Le concert qui a tout
declenché se passait Salle de la Cité
à Rennes en mars 1998. C'était un concert de l'Orchestre
National de Barbès. J'étais assez fatiguée et tendue
ce soir là. Le son n'était pas plus fort que d'habitude en
apparence, mais je me suis tout de même bouché les oreilles
la plupart du temps. En sortant, je souffrais d'acouphènes
extrêmement violents dans les deux oreilles. Je n'ai pas pu dormir
une seule minute pendant 5 jours consécutifs, et pas plus d'un quart
d'heure par nuit pendant les trois semaines qui ont suivi !
Pour "casser" ces insomnies
très invalidantes, j'ai eu plusieurs médicaments différents
pendant les premières semaines : somnifères puissants, anti-dépresseurs,
anti-épileptiques. Jusqu'à me sentir très mal avec
ces molécules, moi qui n'avais jamais rien pris auparavant. Arrêt
total de l'ensemble. Crise de "sevrage" accompagnée d'une crise de
panique. J'ai tout vu : des ORL que je n'intéressais pas (sic), des homéopathes bidons, un facsiathérapeute (le seul qui m'ai fait du bien), des neurologues ; j'ai même fait de la sophrologie, de l'ostéopathie... Certains médecins (ignares) m'ont traitée de façon vraiment stupide : "C'est rien, juste une crise d'épileptie, ça va vous passer d'ici quatre (pas cinq) jours". N'importe quoi ! J'arrive chez l'ORL au bout d'une semaine de non sommeil total, je pleure quand je lui explique ce qui m'arrive, et il me dit de revenir une fois que j'aurais soigné ma dépression !!! Jamais il ne s'est dit que ça pouvait me crever ces bruits dans la tête ! Tout cela m'a obligée
a abandonner complètement ma thèse pendant plus d'un
J'ai tout de
même suivi une thérapie pendant 1 an chez un psychiatre. Je
n'ai jamais vu le rapport avec mes acouphènes, mais j'ai fait
une belle dépression, je le réalise aujourd'hui.
J'ai arrêté les médicaments depuis l'été 1999. J'ai toujours plusieurs acouphènes. Ils n'ont pas disparu, mais ont quand même baissé d'intensité. Cependant, je pense que mon cerveau ne les interprète plus comme avant. Je me suis focalisée au cours de mois qui ont suivi sur d'autres problèmes de santé (problèmes visuels consécutifs à la grosse fatigue due à l'insomnie provoquée par les acouphènes). Progressivement, j'ai décroché mon écoute des acouphènes. J'ai modifié mon approche en acceptant ces bruits comme partie intégrante de moi-même. Actuellement je dors
mieux. Mais je n'ai jamais retrouvé mon sommeil de marmotte. J'ai
le sommeil très léger, mes acouphènes me réveillent
encore. Mais ils n'engendrent plus Je fréquente
pas mal de musiciens (à Rennes, ça ne manque pas), dont
certains sont confrontés depuis peu à ce problème. La
plupart le vivent très mal. Beaucoup n'avaient jamais entendu parler
des risques d'acouphènes et d'hyperacousie, jusqu'à ce qu'ils
soient atteints eux-mêmes. D'où l'intérêt des témoignages
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