J'ai décidé d’écrire ce témoignage afin de sensibiliser celui qui le lit, d’un réel problème dont je n’avais jamais entendu parler avant qu’il me tombe dessus et chamboule totalement le cours de ma vie : J’ai toujours été un grand amateur de musique. J’ai fait dix ans de conservatoire solfège et guitare classique. J’ai commencé à jouer dans des groupes de rock à partir de 16 ans ou je composais la musique .On peut dire que la guitare était ma passion j’en jouait au minimum 2 heures par jour . Dans mon existence j’ai assisté a de nombreux concerts de jazz car mon père joue de la guitare dans un groupe de Jazz. Mais J’ai commencé à voir les concerts de mes groupes préférés qu’à l’age de 18 ans quand j’ai commencé mes études supérieures à Lyon. J’ai assisté à un concert des Red Hot Chili Peppers au zénith de paris en 99 (sûrement le plus fort niveau volume) puis Ben Harper au palais des sports de Lyon en 2000, K’s Choice à Lyon en 2001, Smashing Pumpkins à Lyon en 2000, Ska P à Lyon en 2001, Radiohead en 2000 à paris près du stade de France. Je suis sorti de tout ses concert sans aucunes séquelles auditives. Un jour je passe 2 heures, pas plus car mes amis et moi en avions rapidement marre, dans une boite de nuit londonienne histoire de sortir un coup et de s’amuser. J’allais en moyenne moins de trois fois par ans en boîte car ce n’était pas mon truc…En sortant comme après toute exposition sonore j’ai les oreilles dans le coton … Je ne m’en fais pas : je me dis ça passe comme d’habitude … quelle naïveté ! Le lendemain je
me réveille avec des sifflements dans les deux oreilles et surprise
quand je prends le tramway tous les bruits environnants auxquels je
ne prêtais pas attention d’habitude me deviennent insupportables.
Inquiet le même jour je décide de foncer chez un ORL. Je
lui explique ma situation et la il me fait faire un audiogramme et là
il ne constate aucune perte auditive. Il me dis alors que j’ai
rien et que ça va passer. Il m’apprend que ces petits sifflements
s’appellent acouphènes et me prescrit un petit sirop. Ouf
me voilà rassuré. Je rentre chez moi et me dis que tout
va rentrer dans l’ordre. Le lendemain ma sensibilité auditive
s’améliore et ce pendant deux semaines mais au bout de
la troisième semaine ma sensibilité recommence à
augmenter. Je décide donc de repartir voir l’ORL en question
qui ne comprends pas ce que j’ai et qui m’envoie voir un
autre ORL pour faire des tests sur l’oreille interne. Et là
c’est le même constat : aucunes pertes auditives et pas
de problème pour le nerfs auditifs. Il me donne des vasodilatateur
en faible dose par voie orale et il me dis que je vais bien, que ça
va passer … Après ce
traitement de choc mon état s’améliore peu a peu
pendant deux mois mais la sensibilité et toujours là .
L’année scolaire suivante l’hyperacousie se réinstalle
peu à peu. Je ne vais pas
revenir sur les contraintes qu’impose l’hyperacousie. Je
dirais simplement que je n’ai pas touché à une guitare
depuis un an. Au début cela m’a beaucoup affecté
mais peu à peu je me suis rendu compte que ce n’était
vraiment rien par rapport aux contraintes sociales que ce symptôme
m’impose. Je n’ai pas eu la chance d’être informé à ce sujet car avant mon traumatisme je n’avais jamais entendu les mots acouphène et hyperacousie même pas dans la tonne de magazine de musique que j’ai pu ingurgiter. C’est pourquoi je pense que le rôle de l’apta est essentiel même si ce serait plus au corps médical (incompétent la plupart du temps dans ce domaine) de sensibiliser le public. Et je voudrais particulièrement remercier Stéphanie et Nicolas qui m’ont beaucoup aidé dans ma galère .
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