Militaire de
profession j'ai été victime d'un traumatisme sonore aigu
en décembre 1995 à la suite d'une séance de tir
au fusil (absence de protections auditives).
Mes acouphènes n'ont cessé d'augmenter au fur et à mesure que le temps passait. Ils se sont très nettement majorés sur l'oreille droite (l'oreille la moins touchée puisque après mon séjour en hôpital elle était revenue à la normale). Je porte des
générateurs de bruits blancs depuis avril 2000 sur l'oreille
gauche et mars 2001 à l'oreille droite.
Aucune explication
n'a été avancée par les ORL. Personne n'a voulu rapprocher
ces surdités brusques de mon trauma sonore de 1995. Mon ORL, une
femme remarquable, à l'écoute des acouphéniques et
hyperacousiques, a noté toutefois que mon trauma sonore avait
Je suis pensionné
à hauteur de 10 % par les anciens combattants pour les acouphènes
gauches. J'intente actuellement un recours devant le tribunal des pensions
pour que soient indemnisés mes acouphènes droits (les
anciens combattants ne veulent les reconnaître dans l'immédiat
qu'à hauteur de 5%, donc zéro franc et pas de recherche de
cause à effet entre le trauma sonore et ces acouphènes à
droite). Je suis également pensionné à hauteur
de 10% pour les troubles anxio-dépressifs qu'a engendré ce
trauma qui a bouleversé ma vie professionnelle,
familiale et sociale.
Mes audiogrammes sont fluctuants; mon audition s'altère petit à petit. Sur les fréquences de la parole je navigue maintenant entre -20 et -30. Mon accident est la résultante d'une négligence (absence de protection, stand de tir non conforme). Je n'ai rien intenté comme action en justice. Je suis resté à ma place et j'ai encaissé. Je me considère comme survivant et non vivant. Beaucoup de choses ont perdu de leur saveur. J'ai peur de devenir sourd, d'avoir un autre trauma. La sensibilité au bruit est très gênante. J'évite les lieux bruyants, les réunions de famille ou d'amis. De temps en temps je fais un effort mais à chaque fois je le paye comptant : acouphènes en augmentation pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours, sensation de paralysie du visage, maux de tête, nausées... J'ai 2 enfants (7 et 4 ans) et j'ai du mal à faire tout ce que je veux avec eux. Interdit pour le père que je suis les réunions scolaires, les fêtes d'école.... Je prend du Rivotril à raison de 12 gouttes par jour (à mon sens inutile mais je m'y suis habitué et il n'y a rien d'autre). Y aura t-il un miracle pour que cessent ces bruits ? On greffe des cellules sur le coeur, peut-on espérer en greffer un jour sur l'oreille interne pour lui redonner une jeunesse ???? Un ORL m'a dit un jour qu'il était criminel de toucher à des oreilles . Je crois bien qu'il avait raison. Et quand le crime est commis quelle galère pour faire reconnaître son préjudice ... Bon courage à tous ceux pour qui le silence n'existe plus. N'hésitez pas à me contacter. Je suis preneur de tous témoignages notamment en ce qui concerne les actions devant les anciens combattants. Témoignage précédent | Sommaire des témoignages | Témoignage suivant |